JardinZone

🐞 Les insectes auxiliaires du jardin

Pendant qu'on s'inquiète des pucerons, une armée de petits prédateurs travaille gratuitement pour nous : coccinelles, syrphes, chrysopes, carabes. Ces auxiliaires régulent les ravageurs bien mieux qu'un traitement, à condition de leur faire de la place. Apprenez à les reconnaître, à les attirer et à transformer votre potager en allié de votre jardinage.

Coccinelle sur une feuille
Photo : Zain Ali / Pexels

✅ L'essentiel

  • Les auxiliaires sont les prédateurs naturels des ravageurs : ils régulent pucerons, chenilles, limaces et larves.
  • Reconnaître les larves est essentiel : celle de la coccinelle, très vorace, ne ressemble pas à l'adulte.
  • Trois conditions pour les garder : des fleurs, des abris, et zéro insecticide.
  • Un peu de patience : il faut accepter quelques ravageurs pour nourrir les prédateurs, qui prennent ensuite le relais.

Qui sont les auxiliaires du potager ?

Un auxiliaire est un animal qui se nourrit des ravageurs de nos cultures, ou de leurs larves et de leurs œufs. En les hébergeant, on délègue la lutte contre les nuisibles à la nature elle-même, qui s'en charge sans relâche et sans produit. Voici les principaux à connaître.

AuxiliaireSa proieÀ savoir
CoccinellePuceronsLa larve, grise et allongée, est la plus vorace
SyrphePuceronsMouche qui imite la guêpe, sa larve nettoie les colonies
ChrysopePucerons, acariensInsecte vert aux ailes translucides, larve redoutable
CarabeLimaces, larves, chenillesColéoptère noir nocturne, chasse au sol
Perce-oreillePucerons, œufs d'insectesUtile malgré sa mauvaise réputation
Abeille solitaire(pollinisation)Pollinise sans piquer, niche dans les tiges creuses

À cette liste s'ajoutent les alliés vertébrés : hérissons et crapauds dévorent les limaces, les oiseaux insectivores et les chauves-souris font le ménage en quantité. Un jardin accueillant pour les auxiliaires l'est aussi pour eux.

Apprendre à reconnaître les larves

C'est l'erreur la plus fréquente du jardinier : écraser une larve d'auxiliaire en la prenant pour un ravageur. Or ce sont souvent les larves, plus que les adultes, qui dévorent le plus de nuisibles. La larve de coccinelle, par exemple, ressemble à un minuscule alligator gris-bleu taché d'orange, rien à voir avec la jolie bête rouge à points. Avant de supprimer un insecte inconnu sur vos plantes, mieux vaut l'identifier : il pourrait être en train de vous rendre service.

Comment les attirer et les garder

1

Offrir des fleurs

Les adultes de nombreux auxiliaires se nourrissent de nectar et de pollen. Des fleurs en continu, surtout des ombellifères (carotte montée, fenouil, aneth), les retiennent.

2

Laisser des abris

Tas de bois, feuilles mortes, haie, herbes hautes, tiges creuses : autant de gîtes pour hiverner et se reproduire.

3

Installer un hôtel à insectes

Bûches percées, tiges de bambou, paille : un abri bien placé, au soleil et à l'abri du vent, accueille abeilles solitaires et chrysopes.

4

Tolérer quelques ravageurs

Sans proies, pas de prédateurs. Un jardin sans le moindre puceron est un jardin sans coccinelles. L'équilibre s'installe en acceptant un peu de tout.

Le pire ennemi des auxiliaires, c'est l'insecticide, même biologique. Un produit qui tue les pucerons tue aussi les coccinelles et les syrphes qui s'en nourrissent, et casse l'équilibre pour longtemps. Préférez toujours laisser les prédateurs faire leur travail avant d'intervenir.

L'hôtel à insectes, mode d'emploi

L'hôtel à insectes est devenu un grand classique du jardin, parfois plus décoratif qu'utile quand il est mal conçu ou mal placé. Pour qu'il serve vraiment, quelques principes valent mieux qu'une belle façade. Chaque type de cavité accueille des locataires différents : des tiges creuses (bambou, roseau) et des bûches percées de trous de quelques millimètres pour les abeilles solitaires, de la paille et des fibres pour les chrysopes, des planchettes resserrées et des pommes de pin pour les coccinelles qui viennent y hiverner.

L'emplacement fait toute la différence. Installez l'hôtel à hauteur d'homme, bien stable, exposé au sud ou au sud-est pour capter le soleil du matin, et à l'abri des vents dominants et de la pluie battante. L'arrière doit être fermé pour éviter les courants d'air. Surtout, un hôtel à insectes n'a de sens que dans un jardin déjà accueillant : sans fleurs à proximité pour nourrir les adultes et sans pesticides, il restera vide. C'est un complément à un environnement vivant, pas un substitut. Bien pensé, il aide les auxiliaires à passer l'hiver et à se reproduire au plus près de vos cultures.

Au fond, le meilleur abri à insectes reste un jardin un peu laissé à lui-même : un tas de bois dans un coin, une vieille souche, des feuilles mortes accumulées sous une haie offrent davantage de gîtes que la plus belle des structures du commerce. La nature s'organise très bien seule dès qu'on lui en laisse l'occasion, et c'est cette diversité de refuges, plus que tout dispositif unique, qui ramène durablement les auxiliaires au potager.

Questions fréquentes

Une coccinelle mange combien de pucerons ?

Énormément. Une larve de coccinelle peut dévorer plusieurs dizaines de pucerons par jour, et plusieurs centaines au cours de son développement. C'est la larve, qui ne ressemble pas du tout à l'adulte, qui est la plus vorace. Apprendre à la reconnaître évite de l'écraser par erreur.

Comment les attirer au jardin ?

En leur offrant le gîte et le couvert toute l'année : des fleurs pour les adultes qui se nourrissent de nectar, des zones non taillées et du bois mort pour s'abriter, et surtout pas d'insecticides. Un jardin un peu sauvage est un jardin plein d'auxiliaires.

Faut-il acheter des coccinelles ?

C'est utile en cas d'invasion ponctuelle, par exemple sous serre, mais ce n'est pas la solution de fond. Mieux vaut rendre le jardin accueillant pour que les auxiliaires s'installent et se reproduisent d'eux-mêmes. Une population naturelle revient chaque année et s'autorégule.

Pour aller plus loin :
  • INRAE, dossiers sur la lutte biologique et les auxiliaires des cultures
  • Office français de la biodiversité, accueillir la faune auxiliaire au jardin