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Poire : saison et calendrier

Rosacée Moyen

Le poirier est plus capricieux que le pommier : sa floraison précoce craint les gelées tardives, et surtout, tous les poiriers sont autostériles sans exception. Un poirier isolé ne produit jamais, quelle que soit la variété. Il faut toujours deux variétés compatibles, et jamais un pommier comme pollinisateur : les deux espèces ne se fécondent pas entre elles.

Poires sur le poirier
Photo : Sergej ***** / Pexels

✅ L'essentiel sur la poire

  • La poire ne mûrit pas sur l'arbre. On la cueille ferme et on la fait mûrir à la maison, sinon la chair devient farineuse au cœur.
  • Comme le pommier, il lui faut un second poirier à floraison compatible : Conférence est la seule à se débrouiller à peu près seule.
  • Le poirier est plus long à entrer en production que le pommier : quatre à cinq ans, parfois plus sur porte-greffe vigoureux.
  • Ne plantez pas de genévrier à proximité : c'est l'hôte alterné de la rouille grillagée, qui couvre les feuilles de taches orange.

Quelle est la saison de la poire ?

La pleine saison de la poire s'étend de juillet à octobre, selon la zone climatique et la variété.

Oui, c'est la saison en ce moment

Les mois colorés indiquent une récolte possible, toutes zones confondues. Le repère foncé marque le mois en cours. Le détail par zone est dans le calendrier ci-dessous.

Calendrier par zone climatique

Plantation et récolte selon votre zone. Sélectionnez votre zone dans le menu du haut pour la mettre en surbrillance.

Semis intérieurSemis extérieurPlantationRécolte
ZoneActionJanFévMarAvrMaiJuinJuilAoûtSepOctNovDéc
NordPlantation
NordRécolte
AtlantiquePlantation
AtlantiqueRécolte
CentrePlantation
CentreRécolte
Sud-OuestPlantation
Sud-OuestRécolte
MéditerranéePlantation
MéditerranéeRécolte
MontagnePlantation
MontagneRécolte

Le mois en cours est mis en évidence. Cliquez sur un filtre pour n'afficher qu'un type d'action. Sélectionnez votre zone dans le menu pour la mettre en surbrillance.

Le cycle annuel en un coup d'œil

Chaque anneau correspond à une action, chaque secteur à un mois. Changez de zone pour voir le décalage : entre la Méditerranée et la Montagne, il y a souvent deux mois d'écart sur la même culture.

Cycle annuel, zone Nord et Nord-EstRécolte en septembreRécolte en octobrePlantation en novembrePlantation en décembrePlantation en févrierPlantation en marsJFMAMJJASONDZoneNord et Nord-Est

Récolte en septembre, octobre ; plantation en novembre, décembre, février, mars.

Cycle annuel, zone AtlantiqueRécolte en aoûtRécolte en septembreRécolte en octobrePlantation en novembrePlantation en décembrePlantation en janvierPlantation en févrierPlantation en marsJFMAMJJASONDZoneAtlantique

Récolte en août, septembre, octobre ; plantation en novembre, décembre, janvier, février, mars.

Cycle annuel, zone CentreRécolte en septembreRécolte en octobrePlantation en novembrePlantation en décembrePlantation en févrierPlantation en marsJFMAMJJASONDZoneCentre

Récolte en septembre, octobre ; plantation en novembre, décembre, février, mars.

Cycle annuel, zone Sud-OuestRécolte en aoûtRécolte en septembrePlantation en novembrePlantation en décembrePlantation en janvierPlantation en févrierPlantation en marsJFMAMJJASONDZoneSud-Ouest

Récolte en août, septembre ; plantation en novembre, décembre, janvier, février, mars.

Cycle annuel, zone MéditerranéeRécolte en juilletRécolte en aoûtRécolte en septembrePlantation en novembrePlantation en décembrePlantation en janvierPlantation en févrierPlantation en marsJFMAMJJASONDZoneMéditerranée

Récolte en juillet, août, septembre ; plantation en novembre, décembre, janvier, février, mars.

Cycle annuel, zone MontagneRécolte en septembreRécolte en octobrePlantation en novembrePlantation en marsPlantation en avrilJFMAMJJASONDZoneMontagne

Récolte en septembre, octobre ; plantation en novembre, mars, avril.

  • Récolte
  • Plantation
  • Semis extérieur
  • Semis intérieur

Le détail chiffré, zone par zone, figure dans le tableau du calendrier ci-dessus.

Combien de temps avant la première récolte ?

Un fruitier ne se juge pas à sa première saison. Voici ce qu'il faut attendre, année par année, une fois le plant installé dans de bonnes conditions.

  • Plantation de novembre à mars

    En racines nues hors gel, tuteur planté avant de reboucher, point de greffe bien au-dessus du sol. Le poirier apprécie les sols profonds et supporte mal les terres calcaires superficielles.

  • Années 1 à 3

    Formation de la charpente, aucune récolte. Arrosez les deux premiers étés et formez l'arbre : c'est le moment où la taille compte vraiment.

  • Années 4 à 6

    Premières poires, en quantité modeste puis croissante. Le poirier est réputé plus lent que le pommier à se mettre à fruit.

  • À partir de la dixième année

    Pleine production, 30 à 60 kg par arbre adulte. Un poirier bien conduit dépasse facilement soixante ou quatre-vingts ans de production.

Faut-il un deuxième pied ?

Un pollinisateur est nécessaire, sauf pour Conférence

La quasi-totalité des poiriers sont auto-stériles et exigent une autre variété fleurissant en même temps à moins de vingt mètres. Conférence fait exception, avec une autofertilité partielle qui lui permet de produire seule, mais toujours mieux accompagnée. Le poirier fleurit tôt, avant le pommier : les gelées d'avril compromettent régulièrement la récolte dans les zones Nord et Montagne, d'où l'intérêt des variétés à floraison tardive.

Variétés qui font de bons pollinisateurs :

WilliamsBeurré HardyDoyenné du ComiceConférenceLouise Bonne d'Avranches

Combien en planter ?

Base de calcul : environ 22 kg par personne et par saison, pour un rendement moyen de 45 kg par pied. À ajuster selon votre appétit et votre terre.

Repères pour poire, calculés sur la base ci-dessus
FoyerBesoin sur la saisonNombre de piedsSurface occupée
1 personne22 kg1 pied25 m²
2 personnes44 kg1 pied25 m²
4 personnes88 kg2 pieds50 m²
6 personnes132 kg3 pieds75 m²

Ce mois-ci : Septembre

Nord et Nord-Est
  • Récolte
Atlantique
  • Récolte
Centre
  • Récolte
Sud-Ouest
  • Récolte
Méditerranée
  • Récolte
Montagne
  • Récolte

Fiche de culture

ExpositionPlein soleil, abrité des vents froids en floraison
ArrosageCopieux à l'installation, régulier en été les 2 premières années
Profondeur de plantation40 à 50 cm (racines nues)
Espacement4 à 6 m entre les arbres (2 à 3 m en espalier)
RécolteDès la 4e ou 5e année, août à octobre selon variété
Rendement30 à 60 kg par arbre adulte
Dès la 4e ou 5e année, août à octobre selon variétéDélai avant récolte
4 à 6 m entre les arbres (2 à 3 m en espalier)Espacement des plants
30 à 60 kg par arbre adulteRendement moyen

Ce que la culture exige

Échelle indicative de 0 à 100, comparée aux autres fruitiers du jardin : plus la barre est longue, plus la culture est exigeante sur ce point.

📍 Le choix de l'emplacement

Plein soleil, sol profond, frais et pas trop calcaire, à l'abri des gelées printanières tardives qui frappent sa floraison précoce. Un mur exposé à l'ouest convient très bien à une conduite en espalier, qui reste la meilleure formule en petit jardin. Éloignez-le des genévriers, hôtes de la rouille grillagée. Famille botanique : Rosacée. Un fruitier reste en place des années : contrairement à un légume, on ne rattrape pas un mauvais emplacement par une rotation l'année suivante.

Le conseil de l'expert

Évitez de planter un poirier à proximité immédiate d'un genévrier d'ornement (Juniperus) : c'est l'hôte alterné indispensable à la rouille grillagée, la maladie qui couvre les feuilles de taches orangées en été. Si vous avez des genévriers dans le jardin ou chez le voisin, choisissez une variété tolérante comme Conférence plutôt que Williams ou Doyenné du Comice, plus sensibles.

Comment cultiver la poire : conseils pratiques

Sol et emplacement

Le poirier veut un sol profond, frais et pas trop calcaire, en plein soleil. Sa floraison est plus précoce que celle du pommier, ce qui l'expose aux gelées d'avril dans les zones Nord et Montagne : privilégiez une exposition qui ne l'avance pas encore, et évitez les fonds de vallée. Éloignez-le des genévriers, hôtes alternés de la rouille grillagée. En petit jardin, la conduite en espalier contre un mur exposé à l'ouest est la meilleure formule, avec 2 à 3 m de mur par arbre.

Plantation et pollinisateur

Plantez en racines nues de novembre à mars, hors gel, tuteur posé avant de reboucher, point de greffe bien dégagé au-dessus du sol. La quasi-totalité des poiriers sont auto-stériles : prévoyez une seconde variété à floraison simultanée à moins de vingt mètres. Conférence fait exception avec une autofertilité partielle, ce qui en fait le premier poirier à planter quand on n'a de la place que pour un seul arbre.

Taille

Taillez en hiver hors gel pour la structure, en supprimant le bois mort et les branches qui encombrent le centre. Identifiez et préservez les brindilles couronnées et les lambourdes, ces rameaux courts terminés par un bourgeon rond et gros : ce sont eux qui portent les fruits. Évitez les tailles courtes et sévères, auxquelles le poirier répond par des gourmands verticaux stériles, retardant encore une mise à fruit déjà tardive. Une taille en vert en août freine efficacement les arbres trop vigoureux.

Récolte : ne jamais attendre la maturité sur l'arbre

C'est la particularité de ce fruit. Une poire laissée mûrir sur l'arbre développe une chair blette et farineuse au cœur alors que l'extérieur paraît intact. Le test : basculez la poire à l'horizontale sans tirer ; si le pédoncule se détache seul, elle est prête pour la cueillette, ce qui ne veut pas dire pour la consommation.

Faire mûrir et conserver

Laissez les poires à température ambiante, autour de 18 à 20 °C, à l'abri du soleil direct ; un sac papier avec une pomme mûre accélère les choses. Le test de maturité se fait au niveau du col, juste sous le pédoncule : quand cette zone cède légèrement sous le pouce, la poire est prête, le reste du fruit restant ferme. Les variétés d'été se mangent quelques jours après cueillette, celles d'automne après deux à trois semaines en cave, et les variétés d'hiver comme la Passe-Crassane, récoltées en octobre, ne se consomment qu'à partir de janvier.

La taille, expliquée simplement

Quand tailler

En hiver, hors période de gel, pour la structure. Une taille en vert en août freine les arbres trop vigoureux.

Le geste

Supprimez le bois mort et les branches vers l'intérieur, puis identifiez les brindilles couronnées et les lambourdes, ces rameaux courts terminés par un bourgeon rond et gros : ce sont eux qui portent les fruits, on les préserve soigneusement. Le poirier tolère bien la conduite en espalier ou en palmette, qu'il faut simplement entretenir chaque année.

Ce qu'il ne faut pas faire

Tailler court et sévèrement chaque hiver : le poirier réagit par des gourmands verticaux stériles et retarde encore sa mise à fruit, déjà tardive.

✂️ Si vous ne taillez jamais

Il monte haut, très haut, et les fruits deviennent inaccessibles au bout de quinze ans. La production reste correcte mais la récolte se fait à l'échelle et beaucoup de poires finissent au sol.

Les erreurs qui coûtent la récolte

À éviter

Attendre que les poires mûrissent sur l'arbre

C'est la particularité de ce fruit : la maturation sur l'arbre donne une chair blette au cœur alors que l'extérieur paraît intact. On cueille encore ferme, dès que le pédoncule se détache au basculement, et on laisse mûrir à température ambiante.

À éviter

Planter un poirier isolé

Sauf Conférence, un poirier seul fleurit et ne noue presque rien. Le problème est identique à celui du pommier, avec une difficulté supplémentaire : les variétés de poiriers sont moins répandues chez les voisins.

À éviter

Le planter près d'un genévrier

La rouille grillagée accomplit son cycle en alternant entre genévrier et poirier. Les taches orange vif sur le dessus des feuilles ne se traitent pas efficacement : la seule solution durable est de supprimer les genévriers dans un rayon de plusieurs centaines de mètres, ce qui est rarement possible, ou de choisir des variétés tolérantes.

À éviter

Négliger le feu bactérien

Des rameaux qui flétrissent brutalement et se recourbent en crosse, comme brûlés, signent cette bactériose grave. Coupez très largement en dessous, au moins 40 cm sous la zone atteinte, désinfectez le sécateur entre chaque coupe et brûlez les déchets. C'est une maladie à déclaration obligatoire dans certaines régions.

En cuisine

  • Nature
  • Tarte
  • Poires pochées au vin
  • Compote
  • Confiture
  • Poires Belle-Hélène

Maladies et ravageurs

  • Tavelure
  • Rouille grillagée (taches orangées, hôte alterné : le genévrier)
  • Feu bactérien (rameaux flétris en crosse)
  • Chancre

Associations au potager

Bonnes associations

  • Ail planté au pied
  • Capucine
  • Consoude

À éviter

  • Genévriers (Juniperus) à proximité, hôtes de la rouille grillagée
  • Noyer (toxines racinaires)

Quelle variété choisir ?

VariétéTypeCe qui la distingue
ConférenceSeptembre, partiellement autofertileLa plus facile : productive, régulière, tolérante à la rouille. Le premier poirier à planter.
Doyenné du ComiceOctobre, fondanteLa référence gustative, chair fondante et très parfumée. Exigeante et sensible à la tavelure.
Beurré HardySeptembre, rustiqueVigoureuse et résistante, bonne pollinisatrice. Convient aux zones fraîches.
WilliamsAoût, précoceLa poire des conserves et des eaux-de-vie. Sensible à la tavelure, à réserver aux climats secs.
Passe-CrassaneHiver, conservationSe récolte en octobre et se mange de janvier à mars. Très sensible au feu bactérien.

Questions fréquentes

Quand récolter les poires exactement ?

Prenez la poire en main et basculez-la à l'horizontale, sans tirer. Si le pédoncule se détache seul, elle est à point pour la cueillette, ce qui ne veut pas dire pour la consommation. Les variétés d'été se mangent quelques jours après ; les variétés d'automne demandent deux à trois semaines en cave ; les variétés d'hiver comme la Passe-Crassane se récoltent en octobre et ne se consomment qu'à partir de janvier.

Comment faire mûrir des poires à la maison ?

Laissez-les à température ambiante, autour de 18 à 20 °C, à l'abri du soleil direct. Pour accélérer, placez-les dans un sac papier avec une pomme mûre, qui dégage de l'éthylène. Le test de maturité se fait au niveau du col, juste sous le pédoncule : quand cette zone cède légèrement sous le pouce, la poire est prête. Le reste du fruit reste ferme, c'est normal.

Pourquoi mes poires sont-elles granuleuses ?

Ces petites concrétions dures dans la chair sont des cellules scléreuses, naturelles chez le poirier mais accentuées par le manque d'eau en été, par un excès de vigueur lié à une taille trop sévère, et par une récolte trop tardive. Certaines variétés y sont plus sujettes que d'autres. Un arrosage suivi en juillet-août et une cueillette au bon stade réduisent nettement le phénomène.

Un poirier en espalier, est-ce plus difficile ?

Ce n'est pas plus difficile, c'est plus régulier : une taille légère chaque année plutôt qu'une grosse intervention tous les cinq ans. Le poirier s'y prête particulièrement bien, mieux que le pommier, et l'espalier contre un mur permet de cultiver des variétés délicates dans des régions où elles ne mûriraient pas en plein vent. Comptez 2 à 3 m de mur par arbre et un palissage à trois ou quatre fils.

Mois par mois