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🍅 Le mildiou de la tomate et de la pomme de terre

C'est la hantise de l'été au potager : en quelques jours de temps chaud et humide, un pied de tomate magnifique peut noircir entièrement. Le mildiou est une maladie redoutable, mais largement évitable quand on connaît son fonctionnement. Voici comment le repérer tôt, comprendre ce qui le déclenche et tenir vos plants à l'abri jusqu'à la récolte.

Feuillage de tomate atteint
Photo : Yan Krukau / Pexels

✅ L'essentiel

  • Le mildiou aime l'eau : il germe quand le feuillage reste humide plus de quelques heures, par temps doux (15 à 25 °C).
  • Le garder au sec est l'arme numéro un : arrosage au pied, plants espacés, et idéalement un toit au-dessus des tomates.
  • Repérer tôt les premières taches brunes huileuses et retirer aussitôt les feuilles atteintes ralentit beaucoup l'épidémie.
  • La bouillie bordelaise protège en préventif, mais s'emploie avec modération car le cuivre s'accumule dans le sol.

Reconnaître le mildiou

Le mildiou est causé par un micro-organisme, Phytophthora infestans, qui s'attaque surtout à la tomate et à la pomme de terre, deux cousines de la même famille. Les premiers signes sont faciles à manquer, puis tout s'accélère.

Sur les feuilles apparaissent des taches brunes à l'aspect huileux ou translucide, souvent en bordure du limbe. Au revers, par temps humide, on distingue parfois un fin feutrage gris blanchâtre : ce sont les spores. Les tiges se marquent de plages brunes qui les ceinturent, et les fruits se couvrent de zones brunes, dures puis molles. En quelques jours, un pied entier peut se dessécher et noircir. Sur pomme de terre, le feuillage brunit et se dessèche depuis le sommet, et les tubercules développent des taches brunes en profondeur.

Ne confondez pas le mildiou avec l'alternariose, qui forme des taches brunes concentriques en forme de cible, ni avec la nécrose apicale (le cul noir de la tomate), qui est une carence en calcium sans rapport avec un champignon.

Pourquoi le mildiou attaque

Comprendre ses conditions de développement, c'est déjà savoir comment l'éviter. Le mildiou a besoin de trois choses réunies pour s'installer.

FacteurConditions favorablesCe que vous pouvez faire
HumiditéFeuillage mouillé plusieurs heures, rosée, pluies répétéesArroser au pied, abriter de la pluie, aérer
TempératureEntre 15 et 25 °C, le climat typique de juin à aoûtOn ne la maîtrise pas, d'où l'importance du reste
Source de sporesDébris de l'an dernier, plants voisins déjà touchésNettoyer les résidus, rotation, surveiller

C'est la combinaison chaleur douce plus humidité prolongée qui déclenche tout. Un été sec voit peu de mildiou ; un mois de juillet orageux et lourd peut décimer un rang de tomates non protégées. Les jardins de la zone atlantique et du nord, plus arrosés, y sont particulièrement exposés.

Prévenir : les gestes qui marchent vraiment

1

Abriter les tomates

Un toit, une serre ou un simple film au-dessus des plants garde le feuillage sec. C'est de loin la protection la plus efficace.

2

Arroser au pied

Jamais sur les feuilles. Le matin de préférence, pour que la terre profite de l'eau et que tout sèche dans la journée.

3

Aérer et effeuiller

Espacez les pieds, supprimez les gourmands et les feuilles basses qui touchent le sol pour faire circuler l'air.

4

Pailler le sol

Le paillis évite que les éclaboussures de pluie ne projettent les spores du sol vers le bas du feuillage.

Choisissez des variétés tolérantes. Des tomates comme Maestria, Fandango ou les anciennes variétés de plein champ encaissent bien mieux les étés humides. Sur pomme de terre, les variétés tardives résistantes limitent fortement les pertes.

Que faire quand il est là ?

Dès les premières taches, retirez les feuilles atteintes et sortez-les du potager (ni au sol, ni au compost). Sur une attaque limitée, ce geste seul suffit parfois à enrayer la progression si le temps redevient sec.

  • En préventif : des pulvérisations de décoction de prêle ou de purin d'ortie renforcent le feuillage. Elles n'éradiquent pas le mildiou mais retardent son installation.
  • La bouillie bordelaise : ce fongicide à base de cuivre s'applique en préventif, avant les pluies annoncées, et reste sur le feuillage comme une barrière. Respectez les doses et limitez les passages, le cuivre n'étant pas anodin pour le sol. Voyez notre page dédiée à la bouillie bordelaise.
  • En fin de saison : arrachez les pieds très atteints pour protéger les voisins, et récoltez les tomates encore vertes pour les faire mûrir à l'abri.

Une fois la saison terminée, le nettoyage est capital : tous les débris malades doivent quitter le potager, et il faut éviter de replanter tomates ou pommes de terre au même endroit l'année suivante grâce à la rotation des cultures.

Questions fréquentes

Peut-on manger une tomate touchée par le mildiou ?

Le mildiou n'est pas toxique pour l'homme. Une tomate dont une petite zone est atteinte se consomme en retirant largement la partie brune. En revanche, un fruit mou et largement gagné par la pourriture se jette : ce n'est plus une question de mildiou mais de pourriture secondaire.

Le mildiou reste-t-il dans la terre l'hiver ?

Oui. Le champignon survit dans les débris de plants et dans les tubercules de pomme de terre oubliés en terre. C'est pourquoi il faut ramasser et éliminer tous les résidus malades à l'automne et pratiquer la rotation des cultures sur trois à quatre ans.

Un abri suffit-il à protéger les tomates ?

C'est la protection la plus efficace pour le jardinier amateur. Mettre les tomates sous une serre ou un simple toit qui garde le feuillage au sec empêche les spores de germer. Pensez tout de même à aérer pour éviter que l'humidité ne stagne sous l'abri.

Pour aller plus loin :
  • INRAE, biologie de Phytophthora infestans et lutte contre le mildiou
  • Ministère de l'Agriculture, Jardiner autrement, fiches mildiou tomate et pomme de terre